Jean-Luc Guionnet

Jean-Luc Guionnet est né à Lyon en 1966. Il est musicien saxophoniste, organiste, électroacousticien, producteur radio et plasticien.
Il suit des études en arts plastiques et esthétique à la Sorbonne (Agrégé d’arts plastiques en 1995), étudie la composition électroacoustique aux conservatoires de Boulogne-Billancourt et de Pantin entre 1989 et 1993, la philosophie au « Centre d’Études Supérieures de la Renaissance » à Tours avec Bruno Pinchard.
Travaille sur la rumeur en philosophie, est doctorant sous la direction conjointe de Geneviève Clancy et Bernard Tesseydre jusqu’en 2001 et poursuit son travail de recherche hors du cadre universitaire.
Se produit dans différentes formations de musique instrumentale, électroacoustique, expérimentale ou free jazz avec des musiciens de dimension internationale.
Joue dans de nombreux festivals, effectue des tournées en France et dans le monde.
En tant que compositeur il écrit pour des amis collaborateurs et interprètes.
Depuis 1998, il réalise des œuvres radiophoniques pour Radio France diffusées dans le cadre des émissions « ACR » (ateliers de création radiophonique - France Culture), et « Surpris par la nuit ».
Il est compositeur de nombreuses œuvres électroacoustiques, co-auteur de courts, moyens et longs métrages, membre du comité de rédaction de « Terres des Signes », une revue-livre de philosophie et art aux éditions de l’Harmattan et publie des articles dans différentes revues.

http://www.jeanlucguionnet.eu


Ses propos sur son travail :

« Mon travail se divise en autant de parties qu’il m’est offert d’occasions d’agir et de penser par le son, l'image et les formes, occasions qui ont toujours à faire avec la rencontre forte d’un dehors : un instrument (saxophone/orgue), un problème théorique (qu’est-ce que la rumeur ?), et surtout un ami collaborateur (André Almuro, Caroline Pouzolles, Éric La Casa, Franck Gourdien, Taku Unami, Lotus Edde-Khouri, Seijiro Murayama, Rhodri Davis, Thomas Bonvalet).
S’en suit une série éclatée de thèmes qui, à leur tour, influencent l’évolution du travail musical et plastique, puis orientent les rencontres à venir : l’épaisseur de l’air, l’écoute comme obscure à elle-même, le pidgin, l’instrument de musique considéré comme automate affectif, la géométrie et l’arithmétique de la vision et de l’écoute … leurs différences, le son et la lumière comme signature de l’espace, signature d’objets, signature de ce qu’ils ne sont pas, le paysage & le placard …  Ou encore le voisinage, permis par la langue française, du temps qui passe et du temps qu’il fait …
La musique, l'image, deviennent alors, au travers de leurs propres protocoles artistiques, autant de façons de tester la réalité sentie et pensée et amènent à un point critique ce sur quoi se construit le travail lui-même.
Réciproquement, c’est un test dont l’expérience définit une nouvelle distribution de tout le corps en le plaçant dans un environnement à la fois inconnu et artificiel, tout en le laissant capable de penser, de compter, de faire des relations, d’entendre et de voir les lieux, etc.
L’émotion que je cherche est faite de toutes ces strates et de leur glissement les unes sur les autres durant l’écoute, durant la vision : quand écouter voir donne du temps. »